Cette ambiance coloniale se voit aussi dans le nom des hôtels: El Conquistador, El Español, El Castellano etc., également dans l'ambiance quotidienne et notamment dans le taux de mendicité. Je m'explique.
Pour faire une comparaison avec Monterrey, où une majorité de la population est aussi pauvre que celle de Mérida, il y a très peu de mendicité. Dans la "sultane du Nord", ville à la réputation travailleuse, entreprenante, il y aurait comme une sorte d'auto-censure, une honte qui interdit aux nécessiteux de tendre la main et de s'y voir répondre: "Va donc travailler!"
A Mérida, les choses changent. Nous en avons fait plusieurs fois l'expérience. Dans cette ambiance de Conquista, la ville semble ne pas vouloir se détacher de sa soumission au royaume d'Espagne. Peut-être pour attirer les touristes vus ainsi comme des demi-dieux, peut-être par peur de l'identité mexicaine. Cela se répercute dans les attitudes, comme si le besoin de la pièce donnée par le "maître" était encore dans les esprits. Les mendiants d'ici ne sont pas nécessairement en haillons mais ont la plupart une façon d'insister qui est assez désagréable. Dernier exemple, ce matin: un homme frappe à la porte, il veut qu'on lui prête un outil de jardinage. Refus. Il demande alors si on peut lui donner 10 pesos pour qu'il s'achète ce qu'il lui faut. Nous lui donnons 5 pesos. Réaction du chalant: "Non mais, j'ai besoin de 10". Nous refermons la porte.
Ce genre de réaction est assez commune, même lorsqu'il n'y a pas d'argent en jeu. Il existe comme un besoin de faire culpabiliser le fait "d'avoir de l'argent" ou de "bien-vivre" pour s'attirer une espèce de pitié. Le système de Mérida est basé sur ça, sur la pitié. La pitié des plus aisés pour les autres. Avec un je-ne-sais-quoi de machiavélisme.
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| Exemple de maison coloniale du paseo de Montejo. |

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