Affichage des articles dont le libellé est eau. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est eau. Afficher tous les articles

samedi 20 avril 2013

La baraque du Cadi

"La jasse est située dans un cirque grandiose, entonnoir fermé par les pics Canigo, Sept-Hommes, Très-Vents et Casami, où en été pacagent les troupeaux. Au pied de la Baraque du Berger coule une fontaine ; non loin se trouvent d'autres fontaines dénommées l'Ours, l'Isard, la Cheminée, la Palanca, el Pinsa. Ainsi naît le torrent du Cadi, à même les névés, les congères, à même les rocs, les cheminées. Le val ruisselle de fontaines."

-"La crue", Michel Maurette (1949).

Vall del Cadi, Conflent.



dimanche 24 mars 2013

Les rages du mauvais gosse

Pour ceux qui rôdent souvent vers les quais du Verdanson (anciennement Merdanson) et ne le connaissent  que comme un tunnel de graffitis crachant quelques relents d'eau sale les jours de fortes pluies, la preuve en est que ce ne fut pas toujours le cas.

source: nimes.labomedia.org

Image du Blog murviellesmontpellier.centerblog.net
source: murviellesmontpellier.centerblog.net

jeudi 7 mars 2013

Une histoire quasi-universelle

D'un côté, un livre de chevet très intéressant sur l'histoire de l'hydraulique arabe, Les maîtres de l'eau de Mohammed El Faïz, de l'autre un travail à rendre en anglais sur les chinampas, ces jardins flottants de la région de México City et qui servirent de véritables greniers à maïs (et plein d'autres choses) à la florissante Tenochtitlan, quand elle n'était qu'une île lacustre.

Au milieu de ça, une citation de l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano, auteur du livre Las venas abiertas de América Latina (Les veines ouvertes de l'Amérique latine), livre qu'a offert le défunt Hugo Chávez au président américain Barack Obama.

"L'Espagne n'est pas très amie avec l'eau qui est une chose du diable, une hérésie musulmane, et c'est de l'eau vaincue qu'est née la ville de México, élevée sur les ruines de Tenochtitlan. Continuant l'oeuvre des guerriers, les ingénieurs se mirent à bloquer avec des pierres et de la terre, au fil du temps, toute la circulation hydrologique des lacs et rivières de la région." 
                                                               Eduardo Galeano, Espejos: una historia casi universal, 2008.


Chiapas, Maya route. Photo: D.A. Harvey

lundi 4 mars 2013

Water and power

C'est en recherchant des informations sur Bernard Barraqué, chercheur au CNRS et qui nous avait donné des cours à l'Université de Montpellier 2, que je suis tombé sur une émission de France Culture, Cultures Monde.

La thématique du jour est les aqueducs, et M. Barraqué intervient pour parler de celui amenant l'eau de la vallée Owens jusqu'à la métropole de Los Angeles. On y apprend que, comme toutes les adductions d'eau, celle-ci a été sujette à conflit notamment car elle allait priver aux habitants de la vallée l'accès à une ressource hydrique qui jusque là leur permettait de s'alimenter, de nourrir le bétail et de cultiver.

Juste avant la première guerre mondiale, il a été décidé de conduire l'eau depuis le lac Owens vers Los Angeles pour permettre la création de nouveaux périmètres irriguées autour de la ville, notamment des orangeraies. Le lac Owens est l'exutoire d'une vallée qui commence un peu plus au nord, près du parc national Yosemite, au lac Mono. Tout le long de cette large vallée, des familles de colons s'étaient installées et avaient développé des élevages grâce à des cultures de luzerne, plus de l'agriculture vivrière. Seulement, un nouveau service angelino d'aménagement du territoire, le département de Reclamation, vient entourlouper les habitants de la vallée Owens, pour la plupart illettrés, et s'approprient leurs droits d'eau. Ici commence le détournement de l'eau du bassin endoréique de la vallée Owens au profit de l'aqueduc.

Un barrage est également construit dans les années 30, barrage qui aura des hauts et des bas à cause du manque de connaissance de l'initiateur du projet, l'ingénieur des eaux William Mulholland, mais aussi à cause de l'hostilité des habitants de la vallée Owens qui ont vu le lac s'assécher, laissant les argiles de fond s'envoler à tous vents et venir rendre incultivables les terres des alentours.

Aqueduc de Los Angeles dans le Jawbone Canyon, Cal. (photo: circleofblue.org)

De leur côté, les techniciens commencent l'agrandissement de Los Angeles en se servant de l'aqueduc pour créer de nouveaux périmètres irrigables. Ces périmètres irrigables seront convertis en lotissements une fois que le tramway sera arrivé jusque dans ces terres autrefois lointaines. L'aqueduc se retrouve alors converti en réseau d'eau potable.

On retrouvera ces mêmes scénarios dans les projets de Grande Hydraulique au sortir de la seconde guerre mondiale, notamment en Afrique (Assouan en Egypte, Sélingué au Mali etc.) ou en Inde (Bhakra, Tehri etc.). Plus prêt de nous, c'est une des peurs des contradicteurs du projet Aqua Domitia qui prévoit de détourner 1 à 2,5 m3 par seconde du bas-Rhône afin de favoriser les cultures irriguées (arbres fruitiers, maraîchage) dans le Gard, la basse vallée du Lez, de l'Hérault et de l'Orb ainsi que dans le Minervois. Ce projet, pensé à partir et pour l'agriculture par Philippe Lamour, pourrait très bien être détourné afin de desservir les stations balnéaires et les nouveaux lotissements en eau potable. Or, rappelons-le, l'eau potable à partir de l'eau brute n'est que très peu recommandable, surtout venant du Rhône.

Haut-barrage d'Assouan sur le Nil, Egypte (photo: minaminettes.kaelio.info)

Comme toujours, eau et pouvoir se rejoignent et se complètent ; la possession du premier entraîne irrémédiablement le second.

dimanche 3 mars 2013

Pollution sur le Lez (34)

On fouille dans les archives et on découvre que la pollution des eaux de surface n'est pas une nouveauté ; non plus les contentieux entre l'intérêt public et la responsabilité privée. Reportage sur le Lez, dans l'Hérault, diffusé le 3 novembre 1973.



Histoire, le Lez pollué 03-11-1973 par Tianex

dimanche 10 février 2013

Le litige de la goutte d'eau

Mon professeur de droit, feu Régis Marchiaro, l'avait pourtant bien répété, le droit de l'eau est partout. Même dans la première scène de La fille du puisatier (1940), le film de Marcel Pagnol:

JACQUES - [...] Je vous ai simplement demandé si vous vouliez traverser le ruisseau.
PATRICIA - Il est à vous ? 
JACQUES - Justement, il traverse des champs qui appartiennent à mon père.  
PATRICIA - Les pierres et le sable sont peut-être à vous ; mais un ruisseau c'est de l'eau qui passe. Et l'eau qui passe, à qui est-elle? 
JACQUES - Elle est à moi pendant qu'elle passe chez moi.

Patricia se préparant à traverser le ruisseau (la Touloubre?).

Hélas, le pauvre Jacques, pour tout "fils du bazar" qu'il soit, n'était pas là dans l'exactitude. Pourtant, le droit de l'eau, sorte de bâtard législatif, a depuis toujours été rattaché au droit de la terre. Le propriétaire de la terre est également propriétaire de l'eau du sous-sol, oui mais seulement car celle-ci est immobile. Enfin, c'est ce que pensaient les romains. Selon eux, toute eau courante ne peut être que publique, qu'elle dévale les pentes d'un coteau ensoleillé où, ici, celles plus adoucies des Coussouls de la plaine de la Crau. Paradoxe, l'eau souterraine circule aussi, pas-à-pas certes, mais circule...

Plus tard, le bourguignon Benjamin Nadault de Buffon, né à Montbard (21) en 1804, va travailler sur le droit français de l'eau et donner raison à la jeune Patricia. Il s'implique dans le débat sur la propriété des rivières et ruisseaux, qui accordera aux propriétaires fonciers le droit d'user des berges et du lit à leur guise, sauf si le cours d'eau en question est d'utilité publique, dans le cas de l'eau potable par exemple. Le sort de la terre était réglé, mais l'élément aqueux, en tant que tel, est comme toujours plus loin en aval pour en avoir cure.


A lire :
Un ingénieur des Ponts et Chaussées hydraulicien: Nadault de Buffon (1804-1880), par Jean-Paul Hague et Bernard Barraqué.