![]() |
| Miguel Hidalgo (1753-1811) |
7h: Grand départ, les rues sont vides, la chienne trotte devant, elle est toujours devant. Elle profite qu'il n'y ait presque aucune pollution sonore, et que les oiseaux chantent. On oublie que les oiseaux chantent quand on est en ville.
7h15: Sur la place de Santiago. C'est l'heure du marché. Des zapotes, des papayes, des bananes pour le déjeuner et une ambiance sereine, sur l'ancien centre du village. Maintenant ce n'est qu'un quartier mais les pierres parlent, la fontaine aussi.
Les mieux habillés le sont pour la messe. L'église est remplie et la porte ouverte laisse entendre la voix du père. Ça donne envie d'y aller, comme se jeter dans du linge propre, mais la chienne est là, en train de sentir les odeurs des chiens fêtards et se verra refuser l'entrée. Dido, c'est la Baltique mexicaine.
Le rythme ambiant, suave, chaud et tranquille me fait penser au village imaginaire d'Ajetreo, dans le livre Los pasos de López, un roman aigre-doux sur les premières révolutions mexicaines étouffées dans l'oeuf, par Jorge Ibargüengoita. Le curé s'y appelle Domingo Periñón et reprend les traits de Miguel Hidalgo, prêtre créole nommé "père de la patrie" pour avoir guidé les insurgés. Ibarguengoita y reproduit le "cri du 15 septembre" prononcé par Hidalgo en 1810 à Dolores: "¡Viva la Independencia!, ¡Viva la Virgen de Guadalupe!, ¡Muera el mal gobierno!".
Le village de Dolores, dans l'état de Guanajuato, porte aujourd'hui le nom de Dolores Hidalgo, en honneur à l'acteur révolutionnaire. Elle se situe à quelques encablures du hameau de La Haciendita d'où est originaire la famille paternelle de Bertha.
C'est à Ajetreo (donc Dolores) que j'étais ce matin, dans la quiétude de la chaleur matinale, dans l'humilité du petit marché de Santiago, absorbé par les portes de l'église. C'est là-bas, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale México D.F que mes pensées sont allées, proche de l'histoire et des racines ancestrales.
7h16: La journée continue.
![]() |
| Dolores Hidalgo, dans l'état montagneux de Guanajuato |


Une jolie postale de Mérida à travers la lecture :)
RépondreSupprimerJe préfère celles écrites par Ibargüengoita.
RépondreSupprimerMerci pour cette bouffée de quiétude et de bonheur tranquille. Voyage a travers des sensations sonores, odorantes, lumineuses et liées aussi à l'histoire et à la géographie.
RépondreSupprimer