dimanche 1 janvier 2012

La tuyauterie de Kohunlich

Il y avait donc une image mystère dans l'avant-dernier post, enfin, apparemment pas si mystérieuse que ça puisque les deux commentaires se sont sérieusement approchés de la fonction de l'architecture montrée.

En effet, c'est un canal, un aqueduc ou un déversoir selon les goûts.

Petite explication: Dans l'antique cité maya de Kohunlich, dans l'état de Quintana Roo (Mexique), l'eau est un trésor. Comme dans toute la péninsule du Yucatán d'ailleurs. Le sol calcaire de la péninsule fait que l'eau des précipitations passe directement dans le sous-sol, créant un réseau karstique. Cette hydrographie souterraine est visible par les cenotes, ces grottes à l'air libre, remplies d'eau et indispensables à l'installation des villages mayas de l'époque. Un bon exemple similaire serait celui d'Opoul, avec sa font Estramar, du côté nord de l'autoroute, à côté de la Porte des Pays Catalans. Beaucoup d'eau en bas, la sècheresse en surface.

A Kohunlich donc, il n'y a pas de rivières, et il faut bien récupérer l'eau pour alimenter la cité, cultiver les henequenes et élever cochons et dindes. Les habitants ont décidé de profiter de la saison des pluies et du climat humide de la région frontalière avec Bélize en installant des canalisations sur tous les toits, sur tous les murs, dans les trottoirs et sur les temples. L'image proposée est un des canaux principaux conduisant l'eau jusqu'à un premier bassin où les sédiments vont se déposer au fond. Ce bassin va ensuite déborder et tomber dans un second bassin où l'eau sera alors suffisamment claire et propre pour l'utiliser dans les usages quotidiens.

Pour continuer sur les moyens de récolter dans les cultures péninsulaires préhispaniques, une visite à Uxmal il y a une quinzaine de jours m'a permis de faire la connaissance du chultún, une espèce de puits creusé dans le sol, avec un sol en pente faisant ruisseler l'eau jusqu'à l'orifice, à la manière d'une douche italienne. Uxmal se situe au sud de Mérida, dans l'état de Yucatán, sur la seule montagnette à 200 kilomètres à la ronde, la Sierrita de Ticul. Cette cité typique de la région du Puuc (montagne en maya) a dû s'organiser à l'impossibilité de profiter de quelconque cenote, le niveau aquifère se situe bien plus bas que le niveau du sol, à cause de l'altitude du terrain.

Fonctionnement d'un chultún.

"Quadrilatère des nonnes", au centre du site d'Uxmal.

Cela dit, toutes ces précautions n'empêcheront pas les mayas de pâtir de la sècheresse, certains auteurs en faisant même la principale cause de la décadence de cette civilisation et de la chute démographique des villes de Chichen Itzá, Izamal, Uxmal ou Kohunlich, avant l'arrivée des espagnols.

Devraient bientôt venir quelques photos de cenotes, si les circonstances me font repasser devant ces lieux sacrés et nombreux (environ 10 000 dans l'état de Yucatán).


4 commentaires:

  1. YES!!!!!!!!oui l'eau est un trésor et il serait bien que plus de gens s'en rendent compte.

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  2. Et oui, c'était bien vu. Ces anciennes cités mayas, surtout celles loin de la mer et en "altitude" sont très intéressantes pour leur génie hydraulique. Même si il eut quelques ratés, c'est une bonne base pour voir plus loin. Ce serait comme faire du neuf avec du vieux.

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  3. Quand on a été là bas, je n'ai pas remarqué que tu faisais attention à autant des choses :)

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