Le Mexique est le premier producteur mondial de café, notamment les états de Veracruz, Oaxaca et surtout Chiapas. Après des décennies et des décennies de culture intensive dans les montagnes du sud du pays, les forêts se sont raréfiées et au premier coup de fortes pluies, les cultures, les ponts, les routes, les villages et les âmes qui y vivent se sont retrouvés détruits.
Aujourd'hui, une nouvelle méthode est en train de se mettre au point enfin, nouvelle entre guillemets puisqu'elle illustre le principe que dans les vieux pots se font les meilleures confitures, les écosystèmes vivants étant le vieux pot et le café la confiture.
Aujourd'hui, on fait donc de la culture de café "sous ombre", autrement dit on laisse pousser toute une forêt dans la plantation de café. Cette culture permet de garder les sols grâce aux matières mortes des autres arbres et arbustes et aux micro-organismes décomposeurs qui se nourrissent de cette matière là. L'arrivée d'une faune variée, attirée par une flore également variée, entretient un équilibre qui amène une stabilité des sols et une plus grande absorption des eaux de pluie. Total: plus d'eau en arrosant moins, plus besoin d'engrais puisque la terre est riche.
Dans de nombreux secteurs, comme celui de l'eau, certaines personnes haut-placées cherchent à valoriser les "nouvelles" méthodes avec un retour à l'écosystème complet comme pansement à l'avancée industrielle. Il paraîtrait que si les grands pontes de l'agriculture faisaient des études d'environnement et d'agronomie plutôt que d'économie ou de droit, la corrélation aurait été trouvée un peu plus rapidement.
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| L'exception française, Bruno Le Maire... diplômé de Lettres et de Sciences Politiques |
Je m'imagine (naïvement) que des cafetales ombragées du Chiapas viennent les grains à moudre de la Riqueza de Chiapas. Une fois demandé le calibrage américain indispensable à un bon café de olla, on s'en va, son sachet de 250 grammes (dans mon cas) dans une petite poche plastique qui, au gré des pas, se met à dodeliner légèrement d'avant en arrière offrant au premier chalant croisé le plaisir matinal d'un arôme corsé mais sévèrement aguicheur. J'en ai même vu qui se retournaient sur mon passage, c'est dire.
p.s: Depuis quelques semaines, dans les médias français, on entend parler de la famine au Mexique à cause de la sècheresse. Alors on se dit que ce doit être vraiment important car pour que les médias hexagonaux parlent du Mexique, il y faut au moins une femme française emprisonnée ou l'élection d'une Miss Monde. Oui, il y a une grande sècheresse et des populations, indigènes ou non, ne peuvent pas cultiver. Mais le changement climatique n'est pas la principale cause de cette crise.
Comme je l'ai dit plus haut, afin de favoriser l'agriculture, on a oublié qu'il existe des écosystèmes et que ceux-ci ne peuvent pas fonctionner si on les ampute d'une jambe ou d'un bout de thorax. La déforestation accélérée au Mexique est une des principales causes de la sècheresse de par le manque de rétention d'eau par la végétation, par le manque de micro-climat formés par les bois et les forêts, par l'assèchement des zones humides et, par conséquent, des sources. Le gouvernement mexicain envoie des sacs de vivres aux populations mais ne parle pas d'un nouveau plan agricole, d'une reforestation en masse ou d'une politique agro-forestière, mais à quelques mois des élections présidentielles, le plus important reste l'image que l'on donne et non le programme que l'on a. C'est ce qu'ont très bien compris les paysans de la "Caravane de la faim" qui a parcouru les états de San Luis Potosí, Zacatecas et Durango avant d'arriver à México city. Ils demandent clairement que le président Calderón "se confronte, avec des actions concertées et efficaces, à l'urgence agro-alimentaire et environnementale".

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