Le terme "bourdigou" vient de l'occitan "bordigol", dérivé du latin borda qui désigne une canne, ce végétal typique des bords de l'aval des cours d'eau du département. La plante a d'ailleurs donné son nom à la Villa Kanedo, aujourd'hui Canet-en-Roussillon (bord de Têt). Sur la carte, on trouve aussi la dénomination "Bourdigoul".
Les fidèles de Sète auront bien sûr en tête le pont de la Bordigue et ceux de Palavas le quai de la Bordigue. Mais alors c'est quoi tout ça, cette histoire de "bordigol"?
Dans le Midi, on désigne par bordigol ou bourdigol un style de pêche pratiqué dans les étangs méditerranéens comme par exemple l'étang de Pesquier dans le Var, l'étang de Thau à Sète ou même de l'autre côté du Mare nostrum, en Tunisie. Ce piège installé sur un canal menant à l'étang permettait "à l'époque du frai, l'entrée du poisson de la mer dans les étangs, d'où la sortie lui était empêchée par les mêmes appareils. Ces bourdigues formaient une importante dépendance des étangs, car c'était par eux qu'ils étaient approvisionnés de poisson."
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| Bordigues sur l'étang du Pesquier, Hyères, Var. |
On imagine donc sans mal l'utilisation de ce genre de pêcheries sur les rives du Bourdigou à l'époque du frai, peut-être pour les daurades ou les anguilles. Il serait nécessaire de faire une petite recherche de culture populaire torreillane afin de retrouver en Salanque une trace de l'ingénierie du bon-sens.
En attendant, promenons-nous quelque peu sur les agréables berges de la rivière, bordée de la fameuse matière première, autant pour le piège aquicole que pour les barraques de sanills du proche Barcarès, la Phragmite.


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