samedi 17 novembre 2012

Fuentes Vaqueros

Guadix, Andalousie, par Inge Morath (1954)


"La fontaine est basse et émet quatre sons d'eau fraîche et pure. L'après-midi, les jeunes filles, bien mises, avec quelques fleurs à leur corsage, vont chercher l'eau, la cruche à la taille. Presque toutes sont robustes, rougeaudes, et portent autour du cou des foulards aux couleurs éclatantes. Elles ont les mains calleuses et les pieds déformés par les grandes courses qu'elles font à travers champs pour glaner les épis. Au coucher du soleil, la fontaine se couvre de rires et de chants qui étouffent la voix solennelle de l'eau, et les jeunes filles sont la joie et l'attrait de la place morte. Mais quand vient la nuit, la fontaine chante plus haut et l'air a un étrange tremblement de mystère. Les portes se ferment une à une et si quelqu'un passe, ses pas résonnent comme s'il marchait violemment sur une citerne, au-dessus de l'eau."


Federico Garcia Lorca, Mon village, 1916.

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