samedi 23 février 2013

La nuesa del paisatge


Per Eva Vásquez, diari El Punt Girona, 6 de gener de 2013 (llegir l'article original aquí)

Arístides Maillol va suspendre tres vegades l'examen d'ingrés a l'Escola de Belles Arts de París, i quan finalment va aconseguir entrar-hi, va ser per constatar que hauria hagut d'estar més atent als senyals inequívocs que li havia estat enviant el destí. Aquells ensenyaments definitivament no feien per ell, sobretot després de descobrir que, més que la pintura, el que li agradava era el tapís, i quan ja en dominava tots els secrets, que de fet no, tampoc no era el tapís: el que volia era dedicar-se a l'escultura. En realitat el canvi d'orientació que determinaria la seva autèntica vocació es va deure a un problema a la vista que li impedia atendre els detalls de l'ordit, potser per això l'obra escultòrica per la qual passaria a la història és tan tàctil; les seves dones, tan turgents i voluptuoses, tan carnals. El Maillol que coneixem és doncs el que neix quan ja té els quaranta anys fets i es construeix vertiginosament en els quaranta anys següents, ben bé fins al moment de la mort, quan anava a recollir pedretes a la platja de Banyuls, com explica Josep Pla a l'Homenot que va dedicar-li, per continuar sentint el pes del món a la mà, amb la seva barba tolstoiana, el barret d'hortolà i la mirada embravida amb una centella blava cada cop que sentia a prop l'ardor juvenil de la musa dels últims anys, la coratjosa Dina Vierny.

ElPunt/Avui - G.KARQUEL

Maillol, l'escultor carnal (Curbet Edicions), de l'escriptor i periodista Xavier Febrés, és la més recent aproximació a un artista que continua sent objecte de devoció i encasellament a parts iguals, probablement perquè sovint s'ha parat més atenció que no calia al seu vincle amb el mite del classicisme grec, oblidant, com ben encertadament observa Febrés, que Grècia no va ser per Maillol un descobriment, sinó un reconeixement, un calc i a sobre menys emocionant del seu Rosselló natal, el seu veritable “humus creatiu”, i s'ha passat per alt en canvi que era també un home rústec, un sensual, algú que podia replicar irat que no es podia entendre la forma precisa de la natura ni de tot el sistema que irriga la vida si abans no s'havia mesurat al palmell de la mà el pit o la vulva d'una dona. I això que n'hi ha que afirmen que no va tenir relacions carnals fins ben bé a la trentena: abans estava massa ocupat a sortir de la misèria, com la majoria dels seus veïns, astuts contrabandistes en temps de penúria generalitzada, i no va sortir de penes fins que va conèixer Clotilde Narcís, la filla del flequer del poble, dotze anys més jove que ell, que va convertir en la model de les seves primeres obres monumentals i en el testimoni privilegiat de la seva consagració vertiginosa com el successor de Rodin, abans que aparegués una noieta de quinze anys d'origen rus, quan Maillol ja passava dels setanta, i la relegués al paper vodevilesc d'esposa gelosa i malhumorada.

El llibre de Xavier Febrés, una àgil i amena introducció a la vida i l'obra maillolianes, té el mèrit afegit de plantejar alguns interrogants incòmodes; per exemple, per què l'obra d'un escultor nord-català que va fer professió de fe del seu catalanisme continua sent tan poc present als espais públics de Catalunya?

dimanche 10 février 2013

Le litige de la goutte d'eau

Mon professeur de droit, feu Régis Marchiaro, l'avait pourtant bien répété, le droit de l'eau est partout. Même dans la première scène de La fille du puisatier (1940), le film de Marcel Pagnol:

JACQUES - [...] Je vous ai simplement demandé si vous vouliez traverser le ruisseau.
PATRICIA - Il est à vous ? 
JACQUES - Justement, il traverse des champs qui appartiennent à mon père.  
PATRICIA - Les pierres et le sable sont peut-être à vous ; mais un ruisseau c'est de l'eau qui passe. Et l'eau qui passe, à qui est-elle? 
JACQUES - Elle est à moi pendant qu'elle passe chez moi.

Patricia se préparant à traverser le ruisseau (la Touloubre?).

Hélas, le pauvre Jacques, pour tout "fils du bazar" qu'il soit, n'était pas là dans l'exactitude. Pourtant, le droit de l'eau, sorte de bâtard législatif, a depuis toujours été rattaché au droit de la terre. Le propriétaire de la terre est également propriétaire de l'eau du sous-sol, oui mais seulement car celle-ci est immobile. Enfin, c'est ce que pensaient les romains. Selon eux, toute eau courante ne peut être que publique, qu'elle dévale les pentes d'un coteau ensoleillé où, ici, celles plus adoucies des Coussouls de la plaine de la Crau. Paradoxe, l'eau souterraine circule aussi, pas-à-pas certes, mais circule...

Plus tard, le bourguignon Benjamin Nadault de Buffon, né à Montbard (21) en 1804, va travailler sur le droit français de l'eau et donner raison à la jeune Patricia. Il s'implique dans le débat sur la propriété des rivières et ruisseaux, qui accordera aux propriétaires fonciers le droit d'user des berges et du lit à leur guise, sauf si le cours d'eau en question est d'utilité publique, dans le cas de l'eau potable par exemple. Le sort de la terre était réglé, mais l'élément aqueux, en tant que tel, est comme toujours plus loin en aval pour en avoir cure.


A lire :
Un ingénieur des Ponts et Chaussées hydraulicien: Nadault de Buffon (1804-1880), par Jean-Paul Hague et Bernard Barraqué. 

samedi 12 janvier 2013

samedi 17 novembre 2012

Fuentes Vaqueros

Guadix, Andalousie, par Inge Morath (1954)


"La fontaine est basse et émet quatre sons d'eau fraîche et pure. L'après-midi, les jeunes filles, bien mises, avec quelques fleurs à leur corsage, vont chercher l'eau, la cruche à la taille. Presque toutes sont robustes, rougeaudes, et portent autour du cou des foulards aux couleurs éclatantes. Elles ont les mains calleuses et les pieds déformés par les grandes courses qu'elles font à travers champs pour glaner les épis. Au coucher du soleil, la fontaine se couvre de rires et de chants qui étouffent la voix solennelle de l'eau, et les jeunes filles sont la joie et l'attrait de la place morte. Mais quand vient la nuit, la fontaine chante plus haut et l'air a un étrange tremblement de mystère. Les portes se ferment une à une et si quelqu'un passe, ses pas résonnent comme s'il marchait violemment sur une citerne, au-dessus de l'eau."


Federico Garcia Lorca, Mon village, 1916.

dimanche 11 novembre 2012

Le Lez, en aval de ses racines

Il a beaucoup plu ce vendredi. Jusque tard dans la nuit, les lampadaires laissaient voir tomber des millimètres et des millimètres d'eau qui, ne trouvant nulle part à terre pour se loger, ruisselaient le long des caniveaux vers des sols plus aimables ou un égout prêt à tout, la gueule grande ouverte. Des jours comme ça sont une véritable aubaine pour les rivières de la région, trop heureuses de donner à leur végétation et aux populations de tortues de rierol de quoi jouer dans le courant et d'apporter sur les berges cette espèce de vase qui colle aux chaussures et rend les chiens malodorants. C'est cette même vase qui se trouvait ce matin sur les bords du Lez, le long de l'avenue du Pirée.


Le Lez est un vieux garçon, il a ses sautes d'humeurs mais ne dépasse jamais vraiment les bornes. Il est généreux de nature, peut-être ses origines montagnardes, celles arrachées au contre-fort du Larzac et amenées par voie souterraine dans ces longs dédales calcaires et tortueux qu'on appelle les karsts, puis jaillir à Saint-Clément-de-Rivière où l'Homme attend, imperturbable, les milles dons du vieillard prodigue. Il y a bien le Verdanson pour le seconder un tant soit peu, cette rivière perpétuellement asséchée qui "coule" le long du stade Phillipidès et nourrit la première fontaine de l'histoire de Montpellier, la Font Putanelle, où la légende faisait perdre leur virginité aux demoiselles restées trop tard aux ginguettes qui ornaient alors ses rives. Mais le Verdanson est une miséreuse, il ne faut pas oublier qu'elle fut débaptisée et que son nom d'origine était le Merdanson, toilettes publiques du tout Montpellier. Et pourtant, notamment hier, elle a nourrit le Lez de toutes les immondices de son lit. Il faut bien parfois secouer les haillons et frissonner tout nu devant la cuve d'eau, le temps de la toilette.

Après ceci, passé le moulin de Salicate, le Lez coule en solitaire et traîne ses souliers boueux jusqu'à Palavas-les-Flots pour un grand plongeon dans la Méditerranée encore un peu chauffée par les dernières traces de l'automne. En route, si le béton ne l'en avait empêché, il aurait envoyé partout ses offrandes qui lui ont peut-être valu son nom - du gaulois Ledou, fertile, gras, puis Ledum - et aurait fait la joie des terres labourées comme elles ont pu l'être à Castelnau-le-Lez ou à Lattes. Au lieu de ça, et de remerciements complices, il n'y en a que pour salir les trottoirs déglingués par les racines des platanes et les râleries des passants venus passer le dimanche matin auprès de lui.